Il s’appelait Mariam
Lorsque je l’ai rencontré dans un café à Gemmayzé, il arborait un sourire calme. Son visage, sérieux et barbu, était serein. Ses cheveux drus, coupés très courts, avaient les mêmes reflets que ses yeux ténébreux. Direct, confiant, sûr de lui-même, le jeune homme de 21 ans donnait l’impression de savoir exactement ce qu’il voulait dans la vie.
Nous aurions pu parler des difficultés qu’il a rencontrées, lui issu « d’une famille défavorisée », à poursuivre ses études dans une université privée à Beyrouth, ou de ses rêves « d’ouvrir son propre restaurant dans une dizaine d’années ».
« Je suis né fille », lance-t-il tout de go. Un premier enfant. Deux sœurs viendront compléter la famille. « J’étais heureux jusqu’à l’âge de 9 ans », se souvient-il. Sa puberté, précoce, le met face à un corps dont il ne veut pas et à une identité qu’il ne se reconnaît pas. William raconte ses « souffrances », son grand « malaise » et ses « difficultés d’être », qui l’accompagnent dès lors et jusqu’à l’âge de dix-sept ans. « Je me rappelle très bien le moment du déclic. Je regardais l’émission américaine “Oprah” à la télé. Sur le plateau, un invité raconte son histoire. » Accroché(e) à ses lèvres, l’adolescent(e) qu’il était se reconnaît dans les propos de cet homme. « Quel soulagement ! J’ai pu mettre un mot sur ce que je suis : un transsexuel », poursuit-il. Il se rue sur Internet et tombe, au cours de ses recherches, sur un témoignage qui lui « montre qu’il y avait une lueur d’espoir ». « Bien que j’aie su ce jour-là qui je suis, j’ai décidé de ne pas en parler dans la famille. Il y avait déjà assez de problèmes entre mes parents », confie-t-il.
Ce n’est que deux ans plus tard – il se rappelle la date exacte – qu’il se résout à en parler avec sa mère. « Elle était dans la cuisine en train de rouler des feuilles de vigne. Je lui dis sur le pas de la porte : “Maman, je suis un homme”. » Sa mère est en état de choc. C’est la crise à la maison. Un ami lui parle de l’association Nassawiya et lui recommande de la contacter. « Là-bas, on m’a parfaitement compris. Je ne m’attendais pas du tout au soutien qu’on m’a accordé. ».
Un mois plus tard, William quitte la maison. Ce ne fut pas facile, « surtout au début ». S’ensuivent des menaces de son père, des altercations avec des membres de la famille, des tentatives de réconciliation avec sa mère, mais aussi des cours en communication à la LAU et un premier travail dans une boutique de vêtements.
Aujourd’hui, William se dit heureux. Il travaille comme superviseur dans un pub et effectue des traductions en ligne. Et s’il a régulièrement des injections de testostérone et qu’il a connu une mastectomie, il n’a pas encore subi d’opération de changement de sexe.
Pourquoi a-il accepté de partager son histoire ? « Car chaque matin, je me réveille avec l’envie de commencer ma journée. Je suis heureux d’être moi-même. J’ai pu trouver le bonheur que les gens recherchent toute leur vie. C’est le message que je veux transmettre. »
Nous aurions pu parler des difficultés qu’il a rencontrées, lui issu « d’une famille défavorisée », à poursuivre ses études dans une université privée à Beyrouth, ou de ses rêves « d’ouvrir son propre restaurant dans une dizaine d’années ».
« Je suis né fille », lance-t-il tout de go. Un premier enfant. Deux sœurs viendront compléter la famille. « J’étais heureux jusqu’à l’âge de 9 ans », se souvient-il. Sa puberté, précoce, le met face à un corps dont il ne veut pas et à une identité qu’il ne se reconnaît pas. William raconte ses « souffrances », son grand « malaise » et ses « difficultés d’être », qui l’accompagnent dès lors et jusqu’à l’âge de dix-sept ans. « Je me rappelle très bien le moment du déclic. Je regardais l’émission américaine “Oprah” à la télé. Sur le plateau, un invité raconte son histoire. » Accroché(e) à ses lèvres, l’adolescent(e) qu’il était se reconnaît dans les propos de cet homme. « Quel soulagement ! J’ai pu mettre un mot sur ce que je suis : un transsexuel », poursuit-il. Il se rue sur Internet et tombe, au cours de ses recherches, sur un témoignage qui lui « montre qu’il y avait une lueur d’espoir ». « Bien que j’aie su ce jour-là qui je suis, j’ai décidé de ne pas en parler dans la famille. Il y avait déjà assez de problèmes entre mes parents », confie-t-il.
Ce n’est que deux ans plus tard – il se rappelle la date exacte – qu’il se résout à en parler avec sa mère. « Elle était dans la cuisine en train de rouler des feuilles de vigne. Je lui dis sur le pas de la porte : “Maman, je suis un homme”. » Sa mère est en état de choc. C’est la crise à la maison. Un ami lui parle de l’association Nassawiya et lui recommande de la contacter. « Là-bas, on m’a parfaitement compris. Je ne m’attendais pas du tout au soutien qu’on m’a accordé. ».
Un mois plus tard, William quitte la maison. Ce ne fut pas facile, « surtout au début ». S’ensuivent des menaces de son père, des altercations avec des membres de la famille, des tentatives de réconciliation avec sa mère, mais aussi des cours en communication à la LAU et un premier travail dans une boutique de vêtements.
Aujourd’hui, William se dit heureux. Il travaille comme superviseur dans un pub et effectue des traductions en ligne. Et s’il a régulièrement des injections de testostérone et qu’il a connu une mastectomie, il n’a pas encore subi d’opération de changement de sexe.
Pourquoi a-il accepté de partager son histoire ? « Car chaque matin, je me réveille avec l’envie de commencer ma journée. Je suis heureux d’être moi-même. J’ai pu trouver le bonheur que les gens recherchent toute leur vie. C’est le message que je veux transmettre. »
Ne fermons pas les yeux. Soyons solidaires !
Il y a quelques mois, Peter Dagher, 21 ans, brillant étudiant en 4e année de génie électrique à l’université Notre-Dame de Louaizé, n’avait d’autres soucis que ceux de son âge. Aujourd’hui, le jeune homme lutte courageusement contre une forme rare de leucémie – leucémie dérivée des cellules dendritiques plasmocytoïdes – qui l’a obligé à mettre en suspens sa vie telle qu’il la connaissait, ses études et la bourse de stage qu’il a réussi à décrocher dans une importante société au Qatar.
« Tout a commencé lorsqu’un jour, en me préparant pour aller à l’anniversaire de ma petite sœur, je remarque une lésion sur mon épaule droite », raconte l’ingénieur en devenir. S’ensuivent deux mois de consultations médicales avant qu’un diagnostic clair ne soit effectué. « Le lendemain de la biopsie, après une journée ordinaire à l’université, je rentre à la maison avec l’intention de commencer à réviser avant les prochains examens. La mauvaise nouvelle m’attendait. Il m’a fallu quelques secondes pour saisir le sens de ce que me disait mon père, mais à la fin j’ai compris que j’avais un cancer. »
Les deux premiers mois qui ont suivi le diagnostic initial ont été une vraie montagne russe émotionnelle pour Peter et sa famille. À deux reprises, et dans deux hôpitaux différents, on leur annonça qu’il n’y avait plus de trace de la maladie. Malheureusement, le diagnostic est finalement confirmé.
« Après des tests sans fin et quatre biopsies de moelle osseuse, le médecin m’a informé que la chimiothérapie seule ne suffit pas pour me guérir et que ma seule chance de survie est une greffe de moelle osseuse », confie Peter. Commence alors une vraie course contre la montre pour trouver un donneur adéquat. En théorie, un patient a une chance sur quatre d’être compatible avec son frère ou sa sœur. Mais ce n’est pas le cas de Peter.
Des membres de sa famille, des connaissances, une quarantaine de jeunes étudiants de l’école secondaire publique de Tannourine (amenés en autobus du village paternel de Peter à l’AUH à Beyrouth) ont subi, chacun, un prélèvement sanguin pour déterminer leur groupe tissulaire et le comparer à celui du jeune homme. Ils se sont tous avérés non compatibles, tout comme les millions de donneurs volontaires inscrits dans des registres en Europe et aux États-Unis. Pas étonnant, surtout pour les donneurs internationaux, puisque la probabilité de compatibilité entre deux individus pris au hasard est d’une chance sur un million.
Lui sauver la vie
En l’absence d’un donneur compatible, l’alternative pour Peter est une greffe de moelle osseuse provenant d’un donneur haplo-identique (compatible à 50 %). Une procédure risquée et très coûteuse.
Peter a urgemment besoin de trouver un donneur compatible. Ceux qui souhaitent tester leur compatibilité avec le jeune homme sont priés de contacter le 03-626711. L’AUH a accepté de réduire le coût de l’examen médical (environ 250$) si de nombreux volontaires se présentent ensemble.
Il est vital pour Peter qu’une grande chaîne de solidarité soit constituée à l’échelle nationale et essentiel pour tous les Libanais qu’un registre de donneurs volontaires soit établi le plus rapidement possible.
« Tout a commencé lorsqu’un jour, en me préparant pour aller à l’anniversaire de ma petite sœur, je remarque une lésion sur mon épaule droite », raconte l’ingénieur en devenir. S’ensuivent deux mois de consultations médicales avant qu’un diagnostic clair ne soit effectué. « Le lendemain de la biopsie, après une journée ordinaire à l’université, je rentre à la maison avec l’intention de commencer à réviser avant les prochains examens. La mauvaise nouvelle m’attendait. Il m’a fallu quelques secondes pour saisir le sens de ce que me disait mon père, mais à la fin j’ai compris que j’avais un cancer. »
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Peter portant sa petite sœur devant le sanctuaire Notre-Dame du Liban à Harissa.
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Les deux premiers mois qui ont suivi le diagnostic initial ont été une vraie montagne russe émotionnelle pour Peter et sa famille. À deux reprises, et dans deux hôpitaux différents, on leur annonça qu’il n’y avait plus de trace de la maladie. Malheureusement, le diagnostic est finalement confirmé.
« Après des tests sans fin et quatre biopsies de moelle osseuse, le médecin m’a informé que la chimiothérapie seule ne suffit pas pour me guérir et que ma seule chance de survie est une greffe de moelle osseuse », confie Peter. Commence alors une vraie course contre la montre pour trouver un donneur adéquat. En théorie, un patient a une chance sur quatre d’être compatible avec son frère ou sa sœur. Mais ce n’est pas le cas de Peter.
Des membres de sa famille, des connaissances, une quarantaine de jeunes étudiants de l’école secondaire publique de Tannourine (amenés en autobus du village paternel de Peter à l’AUH à Beyrouth) ont subi, chacun, un prélèvement sanguin pour déterminer leur groupe tissulaire et le comparer à celui du jeune homme. Ils se sont tous avérés non compatibles, tout comme les millions de donneurs volontaires inscrits dans des registres en Europe et aux États-Unis. Pas étonnant, surtout pour les donneurs internationaux, puisque la probabilité de compatibilité entre deux individus pris au hasard est d’une chance sur un million.
Lui sauver la vie
En l’absence d’un donneur compatible, l’alternative pour Peter est une greffe de moelle osseuse provenant d’un donneur haplo-identique (compatible à 50 %). Une procédure risquée et très coûteuse.
Peter a urgemment besoin de trouver un donneur compatible. Ceux qui souhaitent tester leur compatibilité avec le jeune homme sont priés de contacter le 03-626711. L’AUH a accepté de réduire le coût de l’examen médical (environ 250$) si de nombreux volontaires se présentent ensemble.
Il est vital pour Peter qu’une grande chaîne de solidarité soit constituée à l’échelle nationale et essentiel pour tous les Libanais qu’un registre de donneurs volontaires soit établi le plus rapidement possible.
Jeunes Libanais, préparez-vous à voter !
Ils sont plusieurs milliers de Libanaises et de Libanais à avoir atteint l’âge de vote (21 ans) depuis les dernières élections législatives. De futurs électeurs qui ne connaissent pas toujours l’importance de la participation des citoyens aux élections, qui sous-estiment le poids de leurs voix et qui ne sont pas conscients de leur pouvoir de changement. D’où le projet « One voice can change » de Smart Center – organisation civile à but non lucratif fondée en 2009 dans le but de promouvoir les droits de l’homme et la construction d’une pleine citoyenneté au Liban et dans la région MENA – lancé avec le soutien de l’initiative américaine du partenariat pour le Moyen-Orient (MEPI), le 15 février passé, pour sensibiliser les jeunes sur leur droit et leur devoir de voter, sur le pouvoir des urnes et pour leur permettre de découvrir ce que sont les élections démocratiques intègres et les mécanismes de reddition de comptes.
« One voice can change » est un concours de réalisation d’annonces de service publique (PSA) lancé dans une dizaine d’universités à travers le Liban. Son objectif : stimuler la créativité des étudiants et les encourager à utiliser les nouvelles technologies et les médias afin de promouvoir leurs points de vue et d’influencer le public en général et les jeunes en particulier. « C’est une opportunité pour nous d’inciter les jeunes à s’engager dans la vie politique et de les sensibiliser sur l’importance d’avoir des élections équitables. Le projet donne également l’occasion aux étudiants de se perfectionner dans la réalisation des PSA et de partager leurs idées avec le grand public », insiste Randa Yassir, directrice de Smart Center.
La durée de l’annonce vidéo ne doit pas dépasser les deux minutes. Un maximum de 120 secondes donc pour convaincre les spectateurs, et particulièrement les jeunes, de l’importance du rôle que joue le citoyen dans les élections. Selon les auteurs du projet, cette initiative considère les jeunes comme des acteurs de changement positif capables de constituer des groupes de pression pour défendre des causes justes.
Le projet, d’une durée de sept mois, comprend plusieurs phases. Sérina Salloum, chargée du projet, explique : « Pour commencer, on offre aux participants un atelier de production audiovisuelle axée sur le service public, la communication, la résolution de conflit, la médiation et le leadership. Les étudiants produiront par la suite leurs propres vidéos qui seront diffusées ultérieurement dans les universités et sur les chaînes de télévision locales afin de provoquer un débat public sur les élections et provoquer un changement positif. »
« Un des éléments de réussite de ce projet repose sur le partenariat que nous avons établi avec les médias. Cet accord permettra d’implanter un bon programme de soutien et d’accompagnement pour les jeunes réalisateurs. La participation des médias nous aidera également à diffuser la vidéo gagnante auprès du grand public », conclut Randa Yassir.
« One voice can change » est un concours de réalisation d’annonces de service publique (PSA) lancé dans une dizaine d’universités à travers le Liban. Son objectif : stimuler la créativité des étudiants et les encourager à utiliser les nouvelles technologies et les médias afin de promouvoir leurs points de vue et d’influencer le public en général et les jeunes en particulier. « C’est une opportunité pour nous d’inciter les jeunes à s’engager dans la vie politique et de les sensibiliser sur l’importance d’avoir des élections équitables. Le projet donne également l’occasion aux étudiants de se perfectionner dans la réalisation des PSA et de partager leurs idées avec le grand public », insiste Randa Yassir, directrice de Smart Center.
La durée de l’annonce vidéo ne doit pas dépasser les deux minutes. Un maximum de 120 secondes donc pour convaincre les spectateurs, et particulièrement les jeunes, de l’importance du rôle que joue le citoyen dans les élections. Selon les auteurs du projet, cette initiative considère les jeunes comme des acteurs de changement positif capables de constituer des groupes de pression pour défendre des causes justes.
Le projet, d’une durée de sept mois, comprend plusieurs phases. Sérina Salloum, chargée du projet, explique : « Pour commencer, on offre aux participants un atelier de production audiovisuelle axée sur le service public, la communication, la résolution de conflit, la médiation et le leadership. Les étudiants produiront par la suite leurs propres vidéos qui seront diffusées ultérieurement dans les universités et sur les chaînes de télévision locales afin de provoquer un débat public sur les élections et provoquer un changement positif. »
« Un des éléments de réussite de ce projet repose sur le partenariat que nous avons établi avec les médias. Cet accord permettra d’implanter un bon programme de soutien et d’accompagnement pour les jeunes réalisateurs. La participation des médias nous aidera également à diffuser la vidéo gagnante auprès du grand public », conclut Randa Yassir.
Krystel Saneh, jambes en or et volonté de fer
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| En 2011, lors de la première édition du championnat de l’Asie de l’Ouest en athlétisme pour les cadets, Krystel remporte trois médailles d’or. |
Un don découvert très tôt
Sa passion pour le sport remonte à loin. « J’étais en classe de 10e au Collège de Champville où j’ai effectué toute ma scolarité. C’est Arda Kalpaklian, la première athlète libanaise et arménienne à participer à des Jeux olympiques, qui m’a découverte. Je me rappelle avoir réalisé un saut en longueur de 1,90 m. J’avais 7 ans », précise Krystel. Encouragée par sa professeure d’éducation physique, elle commence à pratiquer le basket-ball. Un sport auquel elle s’adonne pendant quelques années avant de se consacrer à l’athlétisme.
Passionnée par cette discipline, l’adolescente se met à faire des recherches sur les grands athlètes mondiaux et à suivre leurs nouvelles. «J’étais à ce moment-là en classe de 6e. » Et c’est alors qu’elle commence à s’entraîner sérieusement avec Élie Saadé, qui deviendra son coach et son mentor. «Sans lui, je n’aurai pas pu arriver à ce niveau. C’est très important que le coach comprenne l’athlète. »
Des difficultés dans son parcours ? Krystel sourit : «Le manque de soutien matériel de la part du gouvernement, et cela malgré le support moral offert », souligne-t-elle.
Son prochain objectif : les Jeux olympiques 2016. « Je ferai le nécessaire pour y arriver », répète l’athlète avant d’ajouter : « Le sport m’a appris à bien m’organiser, m’a permis de développer des habiletés relationnelles, et m’a aidée à devenir mature. »
Échanges interculturels au fond du désert
« Connecting cultures », initiative de l’ONG internationale Outward Bound, organise, depuis 2004 et avec le soutien de l’Unesco, des expéditions dans les déserts d’Oman pour des jeunes de 17 à 24 ans « appelés à devenir les dirigeants de la société de demain ». L’objectif de ces randonnées intensives : favoriser la rencontre des cultures et promouvoir la compréhension mutuelle et la paix dans le monde, en rassemblant durant cinq jours, dans un environnement naturel, sans Internet ni couverture réseau, des jeunes de différents pays de l’Occident et du monde arabe.
John Achkar, licencié en économie de l’USJ et étudiant au master en relations internationales, a représenté le Liban lors de la dernière expédition qui a eu lieu au mois de décembre. « Parler au nom de mon pays est un honneur pour moi », lance le jeune homme de 22 ans, fier « d’avoir porté le drapeau libanais » devant des participants (17 au total) d’une quinzaine de pays arabes et européens : Oman, Arabie saoudite, Maroc, Irak, Yémen, Égypte, Slovénie, Pologne, Grande-Bretagne, Croatie, Finlande, Allemagne, Andorre, Espagne et Hollande.
« Avant de m’envoler pour Oman, j’ai entendu un prêtre déclarer que pour avoir un vrai contact avec une personne et découvrir son fond, il faut s’imaginer dans le désert, sans Internet ni téléphone, et voir uniquement l’autre en face de soi. L’expédition, c’était justement cela », affirme John.
Une fois arrivés à Oman, les jeunes participants, de différentes origines et d’horizons divers, sont allés au désert en autocar, « un trajet de trois heures », précise John, qui poursuit : « Nous avons commencé notre marche dans le désert, le 7 décembre vers 13h, accompagnés de trois chameaux, sous un soleil de plomb ! » Le jeune étudiant qui effectue actuellement une année d’échange à Sciences Po (Paris) se réjouit de la bonne communication qui s’est rapidement établie entre les jeunes participants. « Je n’imaginais pas cela. Nous en sommes arrivés à discuter de n’importe quel sujet, à sortir des préjugés, à trouver des points communs. »
Aller vers l’autre
Les journées étaient structurées autour de la marche (12 km par jour) et de débats quotidiens. Les discussions, animées par Marc Evans, le fondateur de « Connecting cultures », portaient sur des thèmes tels que les acteurs de changement, les préjugés et le rôle des médias. « Et en soirée, passé 20h, après avoir poursuivi officieusement le débat, nous dansions la dabké, chantions autour du feu de camp et jouions à différents jeux... J’ai appris par exemple qu’en Europe, le jeu du téléphone cassé est appelé téléphone arabe... » ajoute John.
Le jeune homme, qui tient à « remercier l’USJ, le bureau du délégué du recteur à la vie étudiante et aux engagements citoyens et la Commission nationale libanaise pour l’Unesco », déclare : « Même si le soleil brûlait fort, traverser le désert n’est pas uniquement une épreuve physique. C’est surtout une expérience psychologique. Les moments passés seuls face au néant constituent une expérience inoubliable. Avoir soif, faim, un peu froid la nuit, faire face à des tempêtes de sable, voir des mirages, parler aux Bédouins et ne rien comprendre de leur langage, chanter tout seul, découvrir cet animal magnifique qu’est le chameau... »
Mais le plus édifiant de ce bain interculturel est le contact avec les autres participants. « Ce qui m’a marqué le plus, ce sont les débats engagés avec les jeunes des pays arabes, en majorité musulmans. Des discussions de fond sur la religion et les croyances », confie John qui dénonce le confessionnalisme au Liban, « depuis toujours l’instrument utilisé par les envahisseurs ». L’importance de ces discussions pour le jeune homme relève du fait qu’elles permettent de trouver des points de convergence. « Je ne savais pas qu’il y avait autant de points communs entre les jeunes. Des points sur lesquels nous pourrons à l’avenir construire de meilleures politiques de cohésion, un espace Schengen arabe, pourquoi pas ? » se demande, confiant, John.
La culture du dialogue
« Chez nous, il y a absence de dialogue. La grande majorité des Libanais ne sont pas sortis de leurs communautés respectives durant toute leur vie. Comment un échange pourrait-il alors avoir lieu ? Il faut dépasser la confession et les partis confessionnels. Je sais que c’est facile à dire et difficile à mettre en place. Pourtant il faut être conscient que les choses bougent déjà... et dans le bon sens. Les jeunes désireux de briser le système de “castes” confessionnelles sont de plus en plus nombreux. Ils en ont assez d’entendre leurs parents affirmer que tel leader est bon pour les chrétiens ou tel autre pour les musulmans », conclut John.
Une enseignante libanaise récompensée à Prague
Youssr Mokhtar Chediac est rentrée de la République tchèque, début décembre, fière et heureuse. La méthode éducative qu’elle a développée, et adoptée dans sa propre classe, intitulée en arabe « Warak warak », a remporté le troisième prix au Forum mondial des enseignants innovants de Microsoft dans la catégorie « Construction de connaissances et esprit critique ». Plus d’une centaine d’éducateurs – dont la lauréate libanaise –, sélectionnés à l’issu de compétitions locales et régionales, ont concouru dans six catégories distinctes. Les enseignants, de différentes nationalités et de différents horizons académiques, ont présenté chacun son projet éducatif devant plus de cinq cents éducateurs, directeurs d’école et autres professionnels de l’éducation venus des quatre coins du globe. « C’est la première fois au Forum mondial des enseignants innovants qu’un Libanais gagne à titre individuel un prix d’excellence », souligne Youssr.
L’éducatrice récompensée – licenciée en biologie de la LAU – est enseignante de sciences à l’école publique Gebran Andraos Tuéni depuis 2004. Son projet éducatif, primé au préalable au Forum des enseignants innovants tenu au Maroc au mois de septembre passé, comprend trois étapes. « La construction de connaissances et le développement de compétences à travers différentes activités d’apprentissage constituent la première phase. La deuxième implique l’établissement de collaborations entre les étudiants, avec des élèves de l’extérieur de la classe, avec d’autres enseignants, des experts et la communauté. La troisième phase porte sur la création d’un réseau de transfert de connaissances qui va au-delà de la classe », explique la lauréate libanaise, qui ajoute : « On ne peut pas éduquer les leaders de demain avec les outils et les méthodes du passé. En tant qu’enseignants, nous devons continuer à améliorer nos pratiques d’enseignement. »
La participation des étudiants
Pour publier sa méthode sur l’Internet et communiquer autour de son projet, l’enseignante sollicite l’aide de deux élèves, Ali Dayekh et Abdallah Faraj. Aujourd’hui en terminale, les deux étudiants étaient en classe de seconde au lancement du projet en 2010. « Je me suis occupé de la construction du site Web », affirme Ali, qui précise que l’objectif est d’informer les internautes sur « Warak warak » d’une manière simple mais avec exactitude. Abdallah, quant à lui, a créé et gère la page Facebook et le compte Twitter du projet. « Je suis ravi des réactions sur les réseaux sociaux. Les étudiants n’hésitent pas à publier en grand nombre sur notre page et à aimer et commenter nos publications. Cela nous motive et nous encourage à continuer et aller de l’avant », confie-t-il.
La communication autour de la méthode développée par Youssr est importante. « Puisque “Warak warak” a gagné un prix d’excellence, pour des années à venir, des images et des vidéoclips, expliquant la méthode et donnant parfois la parole aux étudiants, seront diffusés dans le monde entier, à travers les publications du Forum mondial des enseignants innovants et sur le Web », précise l’enseignante.
Sur un autre registre, Youssr Chediac a été récompensée au Maroc pour un deuxième projet qu’elle a élaboré en collaboration avec d’autres enseignants de la région et qui porte sur la sauvegarde des monuments historiques. Un projet collectif dans lequel l’enseignante a impliqué ses étudiants à l’école Gebran Andraos Tuéni qui ont été nombreux à partager leurs idées et points de vue sur la préservation des monuments. « J’ai, par ailleurs, emmené dans mes bagages, à Prague, des cartes postales représentant différentes régions du Liban et portant au verso des messages écrits par mes élèves. Des cartes que j’ai données à mes collègues afin qu’ils les transmettent, une fois de retour dans leur pays, à leurs propres étudiants », raconte Youssr.
Créer des ponts pour l’avenir
Samedi 12 janvier. Une journée ordinaire à l’école secondaire Gebran Andraos Tuéni. La cloche sonne. Youssr Chediac entre dans la classe de première B, les étudiants se lèvent. Ils sont vingt-cinq garçons et filles. Certains ont 14 ans à peine. D’autres ont dépassé les 18 ans. Enthousiastes, ils commentent, à la demande de leur enseignante, leur récente visite à l’Université américaine de science et de technologie (AUST), organisée dans le cadre de la phase trois du projet « Warak warak ». Objectif de cette visite : suivre un atelier animé par des étudiants en licence de mathématiques sur les applications d’Excel au quotidien.
« Ce que j’ai aimé le plus de cette expérience, c’est qu’elle nous a permis de faire un saut dans l’avenir et d’entrevoir l’université », indique Rawan, 17 ans. Iman, 19 ans, affirme : « Au début, j’appréhendais cette formation, mais la patience des étudiants de l’AUST a fini par payer... L’impact de cette expérience est énorme sur la confiance que j’ai en moi-même. » Les élèves sont unanimes à reconnaître que l’attitude ouverte des étudiants de l’AUST a facilité leur apprentissage. Ils trouvent cette expérience édifiante. « Elle nous a permis de sortir hors des quatre murs de notre classe », « Elle nous a ouvert de nouveaux horizons », « Nous avons appris une nouvelle approche vis-à-vis de tout projet », « J’ai compris que rien n’est inaccessible », « Nous avons réalisé que nous avons un potentiel non exploré à exploiter »...
Des visages joyeux, des voix excitées, un enthousiasme sincère que le projet de l’enseignante a généré et qu’elle a pu montrer au monde entier grâce à son prix.
L’éducatrice récompensée – licenciée en biologie de la LAU – est enseignante de sciences à l’école publique Gebran Andraos Tuéni depuis 2004. Son projet éducatif, primé au préalable au Forum des enseignants innovants tenu au Maroc au mois de septembre passé, comprend trois étapes. « La construction de connaissances et le développement de compétences à travers différentes activités d’apprentissage constituent la première phase. La deuxième implique l’établissement de collaborations entre les étudiants, avec des élèves de l’extérieur de la classe, avec d’autres enseignants, des experts et la communauté. La troisième phase porte sur la création d’un réseau de transfert de connaissances qui va au-delà de la classe », explique la lauréate libanaise, qui ajoute : « On ne peut pas éduquer les leaders de demain avec les outils et les méthodes du passé. En tant qu’enseignants, nous devons continuer à améliorer nos pratiques d’enseignement. »
La participation des étudiants
Pour publier sa méthode sur l’Internet et communiquer autour de son projet, l’enseignante sollicite l’aide de deux élèves, Ali Dayekh et Abdallah Faraj. Aujourd’hui en terminale, les deux étudiants étaient en classe de seconde au lancement du projet en 2010. « Je me suis occupé de la construction du site Web », affirme Ali, qui précise que l’objectif est d’informer les internautes sur « Warak warak » d’une manière simple mais avec exactitude. Abdallah, quant à lui, a créé et gère la page Facebook et le compte Twitter du projet. « Je suis ravi des réactions sur les réseaux sociaux. Les étudiants n’hésitent pas à publier en grand nombre sur notre page et à aimer et commenter nos publications. Cela nous motive et nous encourage à continuer et aller de l’avant », confie-t-il.
La communication autour de la méthode développée par Youssr est importante. « Puisque “Warak warak” a gagné un prix d’excellence, pour des années à venir, des images et des vidéoclips, expliquant la méthode et donnant parfois la parole aux étudiants, seront diffusés dans le monde entier, à travers les publications du Forum mondial des enseignants innovants et sur le Web », précise l’enseignante.
Sur un autre registre, Youssr Chediac a été récompensée au Maroc pour un deuxième projet qu’elle a élaboré en collaboration avec d’autres enseignants de la région et qui porte sur la sauvegarde des monuments historiques. Un projet collectif dans lequel l’enseignante a impliqué ses étudiants à l’école Gebran Andraos Tuéni qui ont été nombreux à partager leurs idées et points de vue sur la préservation des monuments. « J’ai, par ailleurs, emmené dans mes bagages, à Prague, des cartes postales représentant différentes régions du Liban et portant au verso des messages écrits par mes élèves. Des cartes que j’ai données à mes collègues afin qu’ils les transmettent, une fois de retour dans leur pays, à leurs propres étudiants », raconte Youssr.
Créer des ponts pour l’avenir
Samedi 12 janvier. Une journée ordinaire à l’école secondaire Gebran Andraos Tuéni. La cloche sonne. Youssr Chediac entre dans la classe de première B, les étudiants se lèvent. Ils sont vingt-cinq garçons et filles. Certains ont 14 ans à peine. D’autres ont dépassé les 18 ans. Enthousiastes, ils commentent, à la demande de leur enseignante, leur récente visite à l’Université américaine de science et de technologie (AUST), organisée dans le cadre de la phase trois du projet « Warak warak ». Objectif de cette visite : suivre un atelier animé par des étudiants en licence de mathématiques sur les applications d’Excel au quotidien.
« Ce que j’ai aimé le plus de cette expérience, c’est qu’elle nous a permis de faire un saut dans l’avenir et d’entrevoir l’université », indique Rawan, 17 ans. Iman, 19 ans, affirme : « Au début, j’appréhendais cette formation, mais la patience des étudiants de l’AUST a fini par payer... L’impact de cette expérience est énorme sur la confiance que j’ai en moi-même. » Les élèves sont unanimes à reconnaître que l’attitude ouverte des étudiants de l’AUST a facilité leur apprentissage. Ils trouvent cette expérience édifiante. « Elle nous a permis de sortir hors des quatre murs de notre classe », « Elle nous a ouvert de nouveaux horizons », « Nous avons appris une nouvelle approche vis-à-vis de tout projet », « J’ai compris que rien n’est inaccessible », « Nous avons réalisé que nous avons un potentiel non exploré à exploiter »...
Des visages joyeux, des voix excitées, un enthousiasme sincère que le projet de l’enseignante a généré et qu’elle a pu montrer au monde entier grâce à son prix.
Deux étudiantes libanaises sur un podium américain
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| Mélissa el-Debs et Caroline Der-Nigoghossian. |
Le défi relevé par les deux pharmaciennes en devenir consistait à étudier un cas psychiatrique et à proposer un plan de traitement. « Le jury nous a demandé d’analyser le cas d’un patient souffrant de schizophrénie, de dépression et d’autres complications comorbides. L’homme avait également développé une résistance à de nombreux médicaments », précise Mélissa, qui poursuit : « Il nous fallait trouver le meilleur traitement tout en prenant en considération d’autres facteurs tels que l’absence d’assurance médicale. »
Leurs « qualifications exceptionnelles » – les mots sont ceux du doyen de la faculté de pharmacie à la LAU, le Dr Pierre Zalloua –, leur grande motivation et une préparation intense et assidue ont permis aux jeunes étudiantes libanaises de se hisser parmi les dix finalistes et d’occuper la troisième place. Le stage qu’elles ont complété à l’Hôpital méthodiste de Houston, au Texas, dans le cadre de leurs études en doctorat, leur a également été très bénéfique. « Nos professeurs à l’université et nos précepteurs à l’Hôpital méthodiste de Houston nous ont aidées à nous préparer. Mais pour être honnête, j’avoue que nous ne nous attendions pas à ce résultat », souligne Caroline. Mélissa acquiesce : « Avant la compétition, nous avons regardé des vidéos de l’édition passée et nous nous sommes rendu compte des difficultés des cas présentés par le jury. »
Les deux jeunes étudiantes avaient déjà remporté un concours local organisé au mois d’octobre à la LAU pour désigner les participants à la compétition américaine.
À 23 ans et à quelques mois de l’obtention du doctorat, Mélissa et Caroline ambitionnent de parfaire leur formation à l’étranger pour « éventuellement revenir au Liban et faire profiter des concitoyens de notre savoir dans le domaine ».
Mélissa conclut : « Cette expérience nous a permis de donner une bonne image non seulement de notre université, mais également des étudiants libanais et du Liban. »
Anna-Rita Bassil, une étudiante peu ordinaire
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| Anna-Rita, à la signature de "Neuf" |
Anna-Rita Bassil est une étudiante épanouie et motivée en deuxième année de psychologie à l’Université libanaise, campus de Fanar. L’étude des caractères et des comportements humains n’était pourtant pas son premier choix de filière. « J’ai commencé par étudier la gestion commerciale... Mais c’est dans la psychologie que je me suis retrouvée », confie-t-elle. La psychologie qu’elle ne voit pas comme une profession qu’elle exercerait à l’avenir mais plutôt comme une découverte et une exploration qui l’enrichiraient. « Ce n’est pas le métier de psychologue qui m’intéresse », répète-t-elle, avant d’expliquer : « Ce qui m’attire dans ce domaine, c’est la recherche, les théories de Freud, de Lacan et d’autres grands noms de la psychologie. »
Inspiration et imagination
Ses études en psychologie ont stimulé et « épicé » son imagination, et l’ont poussée à écrire Neuf, roman que la jeune fille a signé au Salon du livre de Beyrouth au mois de novembre passé. « Dans ce livre, j’aborde le sujet délicat des séquelles psychiques de l’avortement et de la grossesse nerveuse. Un sujet encore tabou dans notre société dont il faut parler, surtout auprès des femmes qui, souvent, souffrent sans comprendre la cause de la douleur qui les ronge. Pour l’avortement, même s’il n’est pas accepté par notre société, il serait naïf de croire qu’il n’a pas lieu en secret. D’où la nécessité d’en parler », affirme la jeune fille originaire de Fidar, dans le caza de Jbeil.
Neuf n’est pas le premier ouvrage d’Anna-Rita. « À 21 ans, j’ai voulu ajouter mon propre livre à ma bibliothèque. J’ai alors écrit Éclipse de lune, roman d’inspiration autobiographique, que j’ai publié en 2009 à l’âge de 24 ans, à compte d’auteur, tout comme Neuf cette année. » Pourquoi avoir opté pour cette formule d’édition ? Anna-Rita répond avec candeur : « Cela m’a permis d’être seule en charge de toutes les étapes de la création de mon livre. Mais avec un risque plus élevé d’erreurs non corrigées dans le texte. »
À l’ère du copier-coller, le message que la jeune fille lance, en conclusion, aux jeunes a une signification particulière. « Utilisez votre imagination, leur dit-elle. Seule l’imagination est libre. »
« I leaf art », pour l’amour de l’art, par amour de l’autre
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| Élie, Roula, William, Solange et Mostapha. |
Premier défi relevé
À l’école de l’Unrwa à Bourj al-Barajné, le budget alloué aux travaux d’embellissement de la salle est modeste. « Les élèves ont payé chacun la modique somme de 500 piastres comme contribution symbolique aux frais. Cela leur a permis de se sentir impliqués dans ce projet qui les concerne », assure Solange. Avec moins de 200 $, Solange, Roula, Élie, William et Mostapha ont réussi à créer pour les enfants une salle plus accueillante, plus jolie, plus chaleureuse. « Nous avons tenu à intégrer dans le dessin mural, des éléments de l’environnement des enfants, mais métamorphosés et embellis, tels les poteaux d’électricité et les lignes électriques sur lesquelles nous avons dessiné des notes de musique », poursuit Solange.
« Malgré la difficulté qu’ils rencontrent à extérioriser leurs sentiments, les enfants ont manifesté leur bonheur de retrouver leur salle embellie, rajeunie, vibrante de couleurs et équipée de rideaux », raconte Roula. Une expérience gratifiante que les membres de « I Leaf art » ont hâte de répéter à travers le Liban. Ce qui ne devrait pas tarder puisqu’ils ont déjà reçu plusieurs demandes pour janvier.
« I Leaf art », une excellente initiative, une belle promesse. Pour en savoir plus, visitez le www.facebook.com/pages/I-LeafArt/129098307249079 ? fref=ts.
Handicap : les photographies qui brisent les préjugés
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| Photo Ghina Fleyfel |
Une expo et un livre
« Le contact avec ces enfants m’a beaucoup touché », raconte Georges Abi Aad. Le jeune homme de 22 ans trouve que cette exposition, qui s’inscrit dans le cadre du 35e anniversaire de Sesobel, montre l’handicap d’une autre façon. Ghina Fleyfel, 24 ans, étudiante en 5e année de photographie, n’avait jamais rencontré de personnes vivant avec un handicap. La petite appréhension qui a précédé sa première visite à l’association s’est vite dissipée, remplacée par le plaisir de découvrir « l’incroyable énergie positive » qui émane des enfants. Jad Safar, quant à lui, estime qu’outre un bienfait sur le plan personnel, cette expérience lui a permis « d’apprendre beaucoup sur l’aspect technique de la photographie ».
Parallèlement à l’exposition, Sesobel publie 7 jours parmi les anges. Un livre touchant – préfacé par Salah Stétié – dans lequel David Hury, écrivain et journaliste, raconte dans un style vivant et imagé l’histoire de Sesobel. « Il m’était impossible de me limiter à une vision institutionnelle et formelle. Il me fallait raconter une histoire. Celle des trente-cinq dernières années, par petites touches, mais surtout celle de tous (ces) personnages, en les rendant vivants, en les faisant parler, en les faisant évoluer dans leur cadre de vie, comme les personnages d’un roman en cours d’écriture », écrit l’auteur dans son avant-propos.
536 enfants de toutes les régions du Liban sont actuellement pris en charge par Sesobel qui, depuis 1977, s’occupe des enfants atteints de handicaps, physiques et mentaux, soutient leurs familles et travaille à améliorer la perception qu’a la société du handicap.
L’exposition se poursuivra à l’Institut français, rue de Damas à Beyrouth, jusqu’au 5 janvier.
Au CPM, on construit la paix jour après jour
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| La nouvelle promotion de médiateurs formés par le CPM à Beyrouth et Tripoli. |
Le CPM, créé en 2006, reçoit deux demandes de médiation par semaine à Beyrouth et une à Tripoli. « Nous avons 70 médiateurs actifs. Des hommes et des femmes qui proviennent de tous les horizons culturels et professionnels », précise la directrice du CPM. Des avocats, des médecins, des chefs d’entreprise, des banquiers, des ingénieurs, des magistrats, des infirmiers... Formés à la médiation, leur rôle est d’aider les citoyens à résoudre leurs différends par la voie de la compréhension, de l’écoute et du dialogue.
Devenir médiateur professionnel
C’est son « intérêt pour la résolution des conflits » qui a poussé Mohammad Mansour, 28 ans, volontaire à la Croix-Rouge et activement engagé dans le travail social, à suivre une formation au CPM pour devenir médiateur professionnel. Les cours théoriques, les exercices pratiques et les mises en situation lui ont été « très bénéfiques, ne serait-ce qu’au niveau personnel, dans la vie de tous les jours », affirme le jeune médiateur. Éliane Bou Khalil, responsable de formation au CPM, acquiesce. La médiatrice, qui compte dans son bagage académique un master euro-libanais en médiation interculturelle, confirme : « Effectivement, le changement apporté par la formation au niveau personnel est important. On apprend à écouter l’autre. On acquiert une plus grande ouverture, une souplesse et les outils pour gérer efficacement les tensions. »
Plus de 200 Libanais et Libanaises ont, eux aussi, fait le choix de se former à la médiation professionnelle au CPM. La formation d’une durée d’environ huit mois est validée par un diplôme de médiateur délivré conjointement par le CPM de l’USJ, l’Institut de formation à la médiation et à la négociation de l’Institut catholique de Paris et l’Association des médiateurs européens.
Par ailleurs, le CPM propose, à Beyrouth et/ou à Tripoli, des séminaires d’initiation à la médiation et à la communication non violente. « L’objectif de ces séminaires est de permettre aux participants d’acquérir des outils et des techniques pour améliorer leur communication et gérer les situations conflictuelles personnelles », indique Mme Hawari-Bourgély. Le coût de la formation, d’une durée de 4h30, est de 110 000 LL.
Outre la formation, le CPM œuvre sérieusement pour promouvoir la médiation, qu’elle soit conventionnelle, judiciaire ou administrative. Membre de l’Association des ombudsmans de la Méditerranée, le centre cherche à promouvoir la création d’un médiateur de la République au Liban.
Former des étudiants-médiateurs
« Nous débutons la semaine prochaine à l’USJ une formation d’étudiants-médiateurs. Elle sera validée par une attestation. Ces universitaires seront compétents pour résoudre, au sein de leur campus, des conflits entre étudiants. Ils seront encadrés par des médiateurs seniors du CPM », annonce Mme Hawari-Bourgély. Le CPM a déjà mené à bien nombre de projets tels que la formation d’élèves-médiateurs au Collège des Saints-Cœurs (Sioufi) et à l’école Notre-Dame de Nazareth, et des formations à la communication non violente et à la médiation auprès des détenus des prisons de Roumieh et de Barbar Khazen. « Les détenus ont eu l’opportunité de vider leurs frustrations et leurs angoisses, et d’éviter ainsi de faire des transferts sur les autres détenus avec des passages violents à l’acte », souligne Mme Hawari-Bourgély.
Jean-Louis Keyrouz, élève au Collège des Saint-Cœurs (Sioufi), confie : « Avant de devenir médiateur, je croyais que dans les conflits de la vie, il y avait toujours un perdant et un gagnant. Maintenant, je réalise qu’on ne gagne rien en se disputant avec les autres. J’ai appris à comprendre leurs sentiments, la raison qui les pousse à agir et à réagir de telle ou telle autre façon. J’ai également appris à trouver avec eux les points communs et les terrains d’entente. »
www.cpm.usj.edu.lb
La fille qui ressuscite des œuvres d’art
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| Mélina, dans son atelier à Mar Takla. |
Animée, pour l’art, d’un amour pérenne qui remonte à son enfance – sa mère est artiste –, Mélina intègre l’AUB pour poursuivre une licence en histoire de l’art et des beaux-arts. Mais sa formation pratique, c’est à l’atelier de restauration de Marion Boyer à Paris qu’elle l’effectue. « Le stage d’un an m’a donné l’occasion de travailler sur tout genre d’œuvres d’art provenant de chez Drouot, Christies... et en particulier sur des tableaux tibétains du musée Guimet de France », précise la jeune artiste de 25 ans qui avait complété préalablement des études de trois ans en restauration de tableaux et de céramiques aux Paris-Ateliers, en France.
Aujourd’hui, Mélina passe le plus clair de son temps dans son atelier – lumineux et calme – qu’elle a courageusement aménagé en octobre 2011, dans un quartier paisible de Mar Takla. « Pour moi, restaurer des tableaux et des objets en céramique n’est pas seulement un métier, c’est également un loisir », confie-t-elle. Parmi les multiples tâches professionnelles dont elle s’acquitte avec soin, nettoyer des tableaux lui procure un plaisir évident. « C’est merveilleux ! C’est toujours une découverte. On voit le tableau changer et se métamorphoser sous nos yeux », s’enthousiasme-t-elle d’une voix douce, presque timide, malgré l’ardeur qui s’en dégage. « Permettre au tableau de respirer », « redonner vie », « protéger », des expressions qui reviennent souvent dans sa bouche. « Pour moi, un tableau, c’est vivant », confirme-t-elle.
Les débuts sont-ils difficiles dans ce domaine ? « Les gens ont peur de confier leurs œuvres à des personnes qu’ils ne connaissent pas encore », admet-elle. Pour se faire connaître, elle visite des galeries, des antiquaires et distribue des brochures. « Petit à petit, les gens sont venus. Ils ont vu mon travail et se sont sentis plus confiants », raconte la jeune artiste qui, parallèlement à son métier, cherche à transmettre sa passion pour l’art en donnant des cours de peinture dans son atelier.
Mélina participe à l’exposition Afkart, prévue du 14 au 20 décembre au BIEL. Elle conclut : « Les œuvres d’art, comme les êtres vivants, ont besoin de soins. Il ne faut pas les laisser mourir. »
www.melinamoussalli.com
La responsabilité sociale, ça s’insuffle, ça s’apprend
Hala Berri se rappelle très bien sa première rencontre avec les enfants de Nasma. « J’étais encore étudiante en licence à l’AUB. Je devais faire 40 heures de service communautaire dans le cadre d’un cours. Mon professeur m’a parlé de Nasma qui est un centre d’apprentissage dédié à offrir des chances égales d’éducation et de développement socio-économique aux enfants défavorisés de Hamra, mon quartier. »
Au début, Hala est sceptique. « Je n’étais pas convaincue que je pouvais changer quoi que ce soit dans la vie de ces enfants. » Mais rapidement, les interactions qu’elle a avec ces garçons et ces filles, les sourires qui brillent dans leurs yeux et les petits progrès qu’ils font doucement lui prouvent le contraire. « Réaliser la portée de mon action m’a donné des ailes. Je me suis retrouvée à revenir au centre bien après avoir complété les 40 heures requises par mon cours. De moi-même, sans y être obligée, motivée par le plaisir de voir les enfants s’améliorer », s’enthousiasme la jeune fille.
Hala obtient sa licence et entame un master en psychologie de l’éducation. Aujourd’hui, à 24 ans, elle travaille pour Nasma tout en poursuivant ses études.
« Des dizaines d’enfants scolarisés dans des écoles publiques ou des établissements privés gratuits à Beyrouth profitent des services offerts par Nasma », affirme Lama Mikati, directrice du centre. Les éducateurs et les bénévoles les accueillent six jours par semaine, de 14h à 18h, pour les guider, les aider dans leurs études et leur offrir différentes activités récréatives et sociales. Mais par-dessus tout, c’est une image positive d’eux-mêmes et un sentiment d’autoefficacité que Nasma veut donner à ces enfants. (L’autoefficacité est la conviction – fondée ou non – de la part d’une personne qu’elle possède la capacité de réaliser des tâches. Plus grand est ce sentiment, plus élevés sont les objectifs que s’impose cette personne, et plus fort est l’engagement dans leur poursuite). « Chaque année, des dizaines d’étudiants de l’AUB, de la LAU, de l’ACS et de l’IC s’engagent auprès de notre centre, animés par le désir de s’impliquer dans la communauté », pousuit Lama.
Oui, l’engagement communautaire, ça s’apprend. Au Canada, des universités l’intègrent à tous les programmes d’études. L’apprentissage par le service communautaire permet aux étudiants de développer leur sens de la responsabilité civique et d’accroître leur compréhension de leur domaine de formation à travers une réflexion active de leur action bénévole.
Au début, Hala est sceptique. « Je n’étais pas convaincue que je pouvais changer quoi que ce soit dans la vie de ces enfants. » Mais rapidement, les interactions qu’elle a avec ces garçons et ces filles, les sourires qui brillent dans leurs yeux et les petits progrès qu’ils font doucement lui prouvent le contraire. « Réaliser la portée de mon action m’a donné des ailes. Je me suis retrouvée à revenir au centre bien après avoir complété les 40 heures requises par mon cours. De moi-même, sans y être obligée, motivée par le plaisir de voir les enfants s’améliorer », s’enthousiasme la jeune fille.
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| Au centre Nasma, Hala Berri aide un petit garçon à faire ses devoirs. |
Hala obtient sa licence et entame un master en psychologie de l’éducation. Aujourd’hui, à 24 ans, elle travaille pour Nasma tout en poursuivant ses études.
« Des dizaines d’enfants scolarisés dans des écoles publiques ou des établissements privés gratuits à Beyrouth profitent des services offerts par Nasma », affirme Lama Mikati, directrice du centre. Les éducateurs et les bénévoles les accueillent six jours par semaine, de 14h à 18h, pour les guider, les aider dans leurs études et leur offrir différentes activités récréatives et sociales. Mais par-dessus tout, c’est une image positive d’eux-mêmes et un sentiment d’autoefficacité que Nasma veut donner à ces enfants. (L’autoefficacité est la conviction – fondée ou non – de la part d’une personne qu’elle possède la capacité de réaliser des tâches. Plus grand est ce sentiment, plus élevés sont les objectifs que s’impose cette personne, et plus fort est l’engagement dans leur poursuite). « Chaque année, des dizaines d’étudiants de l’AUB, de la LAU, de l’ACS et de l’IC s’engagent auprès de notre centre, animés par le désir de s’impliquer dans la communauté », pousuit Lama.
Oui, l’engagement communautaire, ça s’apprend. Au Canada, des universités l’intègrent à tous les programmes d’études. L’apprentissage par le service communautaire permet aux étudiants de développer leur sens de la responsabilité civique et d’accroître leur compréhension de leur domaine de formation à travers une réflexion active de leur action bénévole.
La politique, c’est aussi l’affaire des femmes !
Elles sont de plus en plus nombreuses à poursuivre des études supérieures. Et bien qu’elles n’aient jamais été aussi éduquées et qualifiées, elles sont encore quasi absentes des instances de prises de décision. La lutte pour l’égalité des sexes est encore à ses débuts dans les pays arabes et elle n’aboutira pas sans une réelle volonté d’autonomisation des femmes. C’est le message principal qui s’est dégagé, le 20 septembre, de la conférence « Jeunes femmes arabes meneuses : la voix de l’avenir », organisée par le Forum international des femmes arabes (AIWF), à la LAU.
Le Dr Dima Dabbous-Sensenig, directrice de l’Institut d’études sur la femme dans le monde arabe (Iwsaw) a reconnu que la participation des femmes au marché du travail est en augmentation, toutefois elle hésite à célébrer les progrès réalisés par la femme arabe en matière d’éducation puisque cette évolution n’est pas encore accompagnée d’une participation politique. « Notre plus grand défi aujourd’hui est d’aider les femmes diplômées à accéder à des positions significatives et des postes de direction. Combler l’écart entre les sexes n’est pas uniquement lié à l’équité et à la protection des droits de l’homme, c’est également d’économie et d’efficacité qu’il s’agit », a déclaré l’ancienne ministre des Finances Raya el-Hassan, la première femme à être nommée à un tel poste au Liban. Quant à Haïfa al-Kaylani, présidente fondatrice du Forum international des femmes arabes, elle s’est félicité du « long chemin » parcouru par les femmes dans les pays de la région. « Au cours de la dernière décennie, l’écart entre les sexes dans divers secteurs a été considérablement réduit, a-t-elle rappelé. Plus que jamais auparavant, on trouve des femmes siégeant au conseil d’administration des établissements d’enseignement ou des entreprises, et jouant un rôle actif dans la société en tant que professeures, journalistes, médecins, avocates ou étoiles montantes du sport. »
La participation
à la vie politique
est un droit
À quelques mois des élections législatives libanaises, les partis politiques sont appelés à désigner des femmes candidates. Nos universités, nos hôpitaux, nos entreprises regorgent de femmes intelligentes et compétentes. Et vu que loi libanaise est encore très discriminatoire envers la femme et le fossé entre les sexes significatif, nous élevons la voix pour qu’au prochain gouvernement, un ministère soit consacré à l’égalité et à l’autonomisation des femmes afin d’assurer aux Libanaises l’égalité des droits et des chances et leur permettre de participer, sur un pied d’égalité avec l’homme, à la gouvernance de leur pays.
Le Dr Dima Dabbous-Sensenig, directrice de l’Institut d’études sur la femme dans le monde arabe (Iwsaw) a reconnu que la participation des femmes au marché du travail est en augmentation, toutefois elle hésite à célébrer les progrès réalisés par la femme arabe en matière d’éducation puisque cette évolution n’est pas encore accompagnée d’une participation politique. « Notre plus grand défi aujourd’hui est d’aider les femmes diplômées à accéder à des positions significatives et des postes de direction. Combler l’écart entre les sexes n’est pas uniquement lié à l’équité et à la protection des droits de l’homme, c’est également d’économie et d’efficacité qu’il s’agit », a déclaré l’ancienne ministre des Finances Raya el-Hassan, la première femme à être nommée à un tel poste au Liban. Quant à Haïfa al-Kaylani, présidente fondatrice du Forum international des femmes arabes, elle s’est félicité du « long chemin » parcouru par les femmes dans les pays de la région. « Au cours de la dernière décennie, l’écart entre les sexes dans divers secteurs a été considérablement réduit, a-t-elle rappelé. Plus que jamais auparavant, on trouve des femmes siégeant au conseil d’administration des établissements d’enseignement ou des entreprises, et jouant un rôle actif dans la société en tant que professeures, journalistes, médecins, avocates ou étoiles montantes du sport. »
La participation
à la vie politique
est un droit
À quelques mois des élections législatives libanaises, les partis politiques sont appelés à désigner des femmes candidates. Nos universités, nos hôpitaux, nos entreprises regorgent de femmes intelligentes et compétentes. Et vu que loi libanaise est encore très discriminatoire envers la femme et le fossé entre les sexes significatif, nous élevons la voix pour qu’au prochain gouvernement, un ministère soit consacré à l’égalité et à l’autonomisation des femmes afin d’assurer aux Libanaises l’égalité des droits et des chances et leur permettre de participer, sur un pied d’égalité avec l’homme, à la gouvernance de leur pays.
« Ya ashta (délicieuse crème) ! Qu’est-ce que tu fais ce soir ? »
« Je me fais souvent accoster dans la rue, se plaint Rouba, étudiante en journalisme à la faculté d’information et de documentation de l’Université libanaise. On me siffle, me klaxonne ou me lance des propos déplaisants ou blessants. C’est très frustrant. » La jeune fille de 20 ans n’est pas motorisée et utilise souvent le transport en commun pour ses déplacements. « Pour me rendre à l’université, par exemple, je marche une dizaine de minutes car ma maison est loin de la route principale où passent les “services”. Et je suis obligée de changer plusieurs fois de voitures en cours de route. » Ce qui prolonge son exposition « aux regards insistants et aux remarques désobligeantes de certains hommes ». Le cas de Rouba n’est pas isolé. Le harcèlement de rue est une réalité quotidienne pour beaucoup de femmes au Liban.
Une réalité que le collectif Nasawiya essaye de changer. Depuis quelques mois, le groupe féministe mène une opération de sensibilisation contre le harcèlement sexuel. La campagne est basée sur un personnage, Salwa, femme menue qui n’hésite pas à se défendre face au harcèlement dont elle est victime à l’université, au travail, en taxi, dans la rue, dans les boîtes de nuit. En parallèle aux miniclips intitulés Les aventures de Salwa sur YouTube, Nasawiya a créé un blog, « Resist Harassment », où les femmes, comme Rouba, peuvent témoigner et partager leur expérience – dans l’anonymat si elles le souhaitent – du harcèlement sexuel. Toujours dans le cadre de cette campagne, Nasawiya a mis sur les routes un camion équipé de haut-parleurs qui diffusent en boucle des sifflements, des bruits de bouche et des voix de femmes proférant des remarques salaces. « Toi, beau brun, tu me plais, tu habites où ? », « Oh la la ! Quels beaux biceps ! » « Toi, le beau, tu existes en Jell-O ? ». Une initiative originale pour rappeler que le harcèlement n’est pas un jeu.
Par ailleurs, Nasawiya travaille avec un avocat à la rédaction d’une loi sur le harcèlement sexuel au travail. « C’est très bien ce qu’ils font, reconnaît Rouba. Mais il faut surtout changer la mentalité des gens qui souvent confondent harceler et draguer. Parfois, lorsque je me plains devant des amis des remarques et insultes qu’on me lance dans la rue, ils banalisent cela et me disent, avec un clin d’œil agaçant : “mais avoue, sincèrement, tu ne te sens pas flattée” ? »
Une réalité que le collectif Nasawiya essaye de changer. Depuis quelques mois, le groupe féministe mène une opération de sensibilisation contre le harcèlement sexuel. La campagne est basée sur un personnage, Salwa, femme menue qui n’hésite pas à se défendre face au harcèlement dont elle est victime à l’université, au travail, en taxi, dans la rue, dans les boîtes de nuit. En parallèle aux miniclips intitulés Les aventures de Salwa sur YouTube, Nasawiya a créé un blog, « Resist Harassment », où les femmes, comme Rouba, peuvent témoigner et partager leur expérience – dans l’anonymat si elles le souhaitent – du harcèlement sexuel. Toujours dans le cadre de cette campagne, Nasawiya a mis sur les routes un camion équipé de haut-parleurs qui diffusent en boucle des sifflements, des bruits de bouche et des voix de femmes proférant des remarques salaces. « Toi, beau brun, tu me plais, tu habites où ? », « Oh la la ! Quels beaux biceps ! » « Toi, le beau, tu existes en Jell-O ? ». Une initiative originale pour rappeler que le harcèlement n’est pas un jeu.
Par ailleurs, Nasawiya travaille avec un avocat à la rédaction d’une loi sur le harcèlement sexuel au travail. « C’est très bien ce qu’ils font, reconnaît Rouba. Mais il faut surtout changer la mentalité des gens qui souvent confondent harceler et draguer. Parfois, lorsque je me plains devant des amis des remarques et insultes qu’on me lance dans la rue, ils banalisent cela et me disent, avec un clin d’œil agaçant : “mais avoue, sincèrement, tu ne te sens pas flattée” ? »
Un athlète, un modèle, une source d’inspiration
Insérés dans l’en-tête de son blog, le drapeau libanais, l’image d’un casque de protection et ces trois expressions: «Constamment, patiemment, avec succès.» Des mots qui représentent sa vision de la vie, lui qui a réussi à se surpasser à maintes reprises. Lui qui, après un grave accident de travail survenu en 1995 et qui l’a laissé paraplégique, est parvenu à rebondir, à se reconstruire et à se créer une nouvelle existence.Quel bel exemple de résilience!
Deux ans seulement après son accident, Edward Maalouf commence à s’entraîner intensivement et devient en 2005 cycliste à main professionnel. Aujourd’hui, presque deux décennies après sa malheureuse chute du 6e étage d’un immeuble en construction, cet athlète doublement médaillé de bronze en cyclisme à main aux Jeux paralympiques de Pékin est parti à la conquête de l’or à Londres.
En tapant son nom sur un moteur de recherche, on tombe rapidement sur des appels de soutien à Edward Maalouf qui se bat – sous les couleurs libanaises – presque sans aucun support officiel du gouvernement libanais. Une honte! Une honte aggravée par le fait que c’est nous qui avons besoin d’Edward Maalouf, de l’image qu’il véhicule et de la bouffée d’espoir qu’il transmet.
Dans une entrevue accordée après ses excellents résultats (malgré des problèmes de santé) aux Jeux de Pékin, Maalouf adresse un mot aux Libanais souffrant de handicaps. «...Je suis sûr que si j’ai pu le faire, ils peuvent également y parvenir, affirme-t-il. Ils doivent se battre pour atteindre leurs objectifs.»
Un précieux message et une leçon de vie qui peut servir à chacun de nous.
Une chercheuse libano-canadienne s’intéresse à la dépression chez les femmes enceintes
Le Dr Rima Azar, professeure adjointe en psychologie de la santé à l’Université Mount Allison (Canada), dirige une étude clinique qui vise à étudier le lien entre la dépression et l’anxiété chez la femme enceinte et le nouveau-né.
Elle a gardé dans son regard le soleil du Liban, son pays d’origine, qui, lorsqu’elle l’a quitté à l’âge de dix-sept ans pour s’installer au Canada, saignait, lacéré par la guerre civile. « Des barrages coupaient les rues et, plus grave encore, d’énormes barrières psychologiques séparaient les gens », se rappelle le Dr Rima Azar. Un vécu qui n’est peut-être pas étranger à l’objet de ses recherches en psycho-neuro-immunologie (l’étude des interactions entre les processus psychologique, neuronal, endocrinien et immunitaire dans le but d’élucider leur impact sur la santé). Un domaine de recherche relativement nouveau et multidisciplinaire. « L’étude que nous menons présentement se penche sur l’humeur dépressive et anxieuse de la femme enceinte, les marqueurs pro-inflammatoires pendant la grossesse et la croissance du fœtus », poursuit le Dr Azar qui dirige, depuis 2008, le Laboratoire de psychobiologie du stress et de la santé à l’Université Mount Allison (MTA) au Nouveau-Brunswick.
Un parcours académique et professionnel des plus intéressants
Après une maîtrise en psychoéducation et un doctorat en psycho-neuroendocrinologie développementale obtenu en 2005 de l’Université de Montréal (l’UdeM) – sa thèse, mention remarquable, a été classée par l’UdeM parmi les 10 % meilleures du domaine –, le Dr Azar complète un stage postdoctoral de quatre ans au Réseau universitaire de la santé, Université de Toronto, dans le domaine de la psycho-neuro-immunologie et les maladies coronariennes, avant d’accepter en 2008 un poste académique à MTA et d’obtenir sa permanence en 2012.
Au mois de mai passé, suite à l’obtention d’un fonds de démarrage pour leur recherche, octroyé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Dr Azar et son équipe, composée d’un obstétricien, d’un spécialiste du développement des enfants, d’un épidémiologiste et d’un anthropologue, entament la première phase de l’étude. Le Dr Azar a également reçu une bourse salariale pour nouveau chercheur des IRSC/Programme de partenariat régional-Nouveau-Brunswick, qui lui permet d’alléger sa charge d’enseignement pour consacrer plus de temps à la recherche. « Deux cents femmes dans leur première grossesse, et leurs fœtus/nouveau-nés, participent à l’étude, qui nous permettra de déterminer si les sentiments anxieux ou dépressifs chez les mères sont associés à une croissance fœtale réduite », précise le Dr Azar. La recherche, longitudinale, a pour ambition d’étudier dans sa phase postnatale la réaction des nouveau-nés au stress et leurs réponses inflammatoires en lien avec de futurs risques cardio-vasculaires.
En plus d’apporter de nouvelles connaissances, l’étude, d’une durée de trois ans, aura des implications importantes pour la pratique et la politique de la santé prénatale. « Les résultats sensibiliseront les médecins sur l’importance de la détection précoce des symptômes dépressifs de la femme enceinte d’un côté. D’un autre côté, ils serviront de base pour une étude ultérieure visant à élaborer et tester de brèves interventions afin de réduire la dépression subclinique (dépression d’intensité très légère, située sous le seuil diagnostique) », explique le Dr Azar.
La prévention de la maladie coronarienne
Passionnée par la recherche, le Dr Azar, pour laquelle « toute situation est une occasion d’apprentissage », travaille également sur le dosage de la protéine C-réactive (CRP), un marqueur de l’inflammation, chez les individus jeunes et en bonne santé exposés à la fumée du tabac. « Mon objectif à long terme pour les deux lignes de recherche est la prévention de la maladie coronarienne », affirme-t-elle.
La chercheuse, qui confie que ce qu’elle apprécie le plus de son métier, c’est le contact humain, projette de faire des recherches sur la dépression parmi les détenus dans les pénitenciers. « Je m’intéresse également à l’adaptation au stress, tant sur le plan physiologique que psychologique, indique le Dr Azar qui avait travaillé, au cours de ses recherches antérieures, avec des parents d’enfants atteints de maladies chroniques. Je planifie de débuter un projet pilote avec des gardiens de prison à sécurité maximale pour évaluer leurs sources et niveaux de stress, le risque d’épuisement professionnel et les stratégies d’adaptation développées. Cela dans le but de contribuer à améliorer leurs conditions de travail. »
Des conseils qu’elle répète à ses étudiants : « Cultivez votre sens critique. Questionnez les articles scientifiques certes, mais aussi l’information massive sur Internet et les articles dans les journaux. » Des recommandations universelles, valables pour tous les étudiants. « Dans le contexte sociopolitique actuel au Liban, cette approche scientifique aidera les jeunes Libanais à demeurer critiques face au risque de désinformation ou de rumeurs non fondées présentées parfois comme des certitudes », souligne le Dr Azar.
La chercheuse, qui, à ses débuts, « rêvait comme tout jeune de changer le monde », le fait à sa manière, elle dont l’une des publications dans la très sérieuse revue scientifique Biological Psychiatry a été qualifiée par les éditeurs comme « une étude ayant conduit à d’importantes conclusions particulièrement précieuses pour la communauté ».
Un parcours académique et professionnel des plus intéressants
Après une maîtrise en psychoéducation et un doctorat en psycho-neuroendocrinologie développementale obtenu en 2005 de l’Université de Montréal (l’UdeM) – sa thèse, mention remarquable, a été classée par l’UdeM parmi les 10 % meilleures du domaine –, le Dr Azar complète un stage postdoctoral de quatre ans au Réseau universitaire de la santé, Université de Toronto, dans le domaine de la psycho-neuro-immunologie et les maladies coronariennes, avant d’accepter en 2008 un poste académique à MTA et d’obtenir sa permanence en 2012.
Au mois de mai passé, suite à l’obtention d’un fonds de démarrage pour leur recherche, octroyé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Dr Azar et son équipe, composée d’un obstétricien, d’un spécialiste du développement des enfants, d’un épidémiologiste et d’un anthropologue, entament la première phase de l’étude. Le Dr Azar a également reçu une bourse salariale pour nouveau chercheur des IRSC/Programme de partenariat régional-Nouveau-Brunswick, qui lui permet d’alléger sa charge d’enseignement pour consacrer plus de temps à la recherche. « Deux cents femmes dans leur première grossesse, et leurs fœtus/nouveau-nés, participent à l’étude, qui nous permettra de déterminer si les sentiments anxieux ou dépressifs chez les mères sont associés à une croissance fœtale réduite », précise le Dr Azar. La recherche, longitudinale, a pour ambition d’étudier dans sa phase postnatale la réaction des nouveau-nés au stress et leurs réponses inflammatoires en lien avec de futurs risques cardio-vasculaires.
En plus d’apporter de nouvelles connaissances, l’étude, d’une durée de trois ans, aura des implications importantes pour la pratique et la politique de la santé prénatale. « Les résultats sensibiliseront les médecins sur l’importance de la détection précoce des symptômes dépressifs de la femme enceinte d’un côté. D’un autre côté, ils serviront de base pour une étude ultérieure visant à élaborer et tester de brèves interventions afin de réduire la dépression subclinique (dépression d’intensité très légère, située sous le seuil diagnostique) », explique le Dr Azar.
La prévention de la maladie coronarienne
Passionnée par la recherche, le Dr Azar, pour laquelle « toute situation est une occasion d’apprentissage », travaille également sur le dosage de la protéine C-réactive (CRP), un marqueur de l’inflammation, chez les individus jeunes et en bonne santé exposés à la fumée du tabac. « Mon objectif à long terme pour les deux lignes de recherche est la prévention de la maladie coronarienne », affirme-t-elle.
La chercheuse, qui confie que ce qu’elle apprécie le plus de son métier, c’est le contact humain, projette de faire des recherches sur la dépression parmi les détenus dans les pénitenciers. « Je m’intéresse également à l’adaptation au stress, tant sur le plan physiologique que psychologique, indique le Dr Azar qui avait travaillé, au cours de ses recherches antérieures, avec des parents d’enfants atteints de maladies chroniques. Je planifie de débuter un projet pilote avec des gardiens de prison à sécurité maximale pour évaluer leurs sources et niveaux de stress, le risque d’épuisement professionnel et les stratégies d’adaptation développées. Cela dans le but de contribuer à améliorer leurs conditions de travail. »
Des conseils qu’elle répète à ses étudiants : « Cultivez votre sens critique. Questionnez les articles scientifiques certes, mais aussi l’information massive sur Internet et les articles dans les journaux. » Des recommandations universelles, valables pour tous les étudiants. « Dans le contexte sociopolitique actuel au Liban, cette approche scientifique aidera les jeunes Libanais à demeurer critiques face au risque de désinformation ou de rumeurs non fondées présentées parfois comme des certitudes », souligne le Dr Azar.
La chercheuse, qui, à ses débuts, « rêvait comme tout jeune de changer le monde », le fait à sa manière, elle dont l’une des publications dans la très sérieuse revue scientifique Biological Psychiatry a été qualifiée par les éditeurs comme « une étude ayant conduit à d’importantes conclusions particulièrement précieuses pour la communauté ».
Lumières !
Que savent les étudiants de Ghassan Tuéni? Que savent-ils des (autres) grands intellectuels du pays du Cèdre? Peut-on généraliser? Sûrement pas. Mais force est de constater que la petite enquête journalistique, publiée il y a quelques jours par un quotidien arabophone auprès d’un certain nombre d’étudiants en journalisme, est inquiétante. «Qu’avez-vous appris, au fil de vos lectures ou au cours de votre scolarité, sur Ghassan Tuéni ? » a-t-on demandé à des journalistes en devenir.Les réponses – peu satisfaisantes – de ces femmes et hommes du Liban de demain « ne reposent pas sur un fondement solide », rapporte le journal. Les étudiants – issus de la même filière – ont avancé différentes interprétations quant à leur manque de connaissances. « Le curriculum qui s’appuie uniquement sur des cours théoriques », « Le gouvernement qui ne s’intéresse pas aux grands intellectuels de leur vivant, attitude copiée par l’université », « Les étudiants qui ne lisent pas assez et qui ne cherchent pas à se cultiver » et même, selon un étudiant, « des divergences avec la pensée de Ghassan Tuéni, d’où l’absence des articles, textes et autres œuvres de ce grand journaliste ».
La faute du programme d’études, des jeunes eux-mêmes, de l’énorme quantité de savoirs à véhiculer aux étudiants, comme l’a suggéré un responsable universitaire ? Peu importe les causes, les conséquences de cette pauvreté de connaissances risquent d’être dévastatrices pour un peuple qui cherche encore son identité.
Peut-on compter uniquement sur les initiatives individuelles et les lectures personnelles des étudiants pour la transmission de l’héritage de nos grands penseurs aux futures générations et, en conséquence, pour la sauvegarde de notre patrimoine culturel? Ne doit-on pas intégrer dans les cursus les grands visages du pays du Cèdre, surtout ceux de grands intellectuels tels que Ghassan Tuéni qui fait l’unanimité de tous les Libanais?
Nous appelons le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur à introduire d’urgence les grands penseurs libanais, et à leur tête Ghassan Tuéni, dans les programmes scolaires et dans toutes les filières universitaires, à l’instar des cours de civilisation dans les universités américaines. Sinon, la vraie question qui s’impose serait: que restera-t-il du Liban demain?
Making Waves, au-delà de la natation
Dans son nom, le clapotis de l’eau, l’écume des vagues, les rires des enfants. Car ce club étudiant concerne les enfants. Mais pas n’importe lesquels. Des filles et des garçons (de 3 à 17 ans) ayant des déficiences physique ou mentale. « Notre premier objectif est de permettre à ces enfants de connaître, comme tous les autres, un simple plaisir, celui d’être à l’aise dans l’eau et de nager », explique Farah Abi Mosleh, étudiante en agriculture à l’AUB. La jeune fille de dix-neuf ans est la présidente du club Making Waves Lebanon qu’elle a fondé il y a quelques mois, avec une poignée de jeunes, Sara Zeidan, Katia Maroushe et Roy Naoum Taoutel, tous étudiants à l’AUB. « Outre les cours personnels de natation, nous voulons donner à ces enfants une chance d’enrichir leurs aptitudes sociales et de se faire de nouveaux amis », poursuit Farah.
L’histoire a commencé l’été passé, lorsque Farah et ses camarades se sont engagés comme volontaires dans un camp d’été pour enfants déficients visuels, tenu à l’USJ. « Nous y avons rencontré Alia Jan, membre de Making Waves Canada, organisation étudiante fondée en 2004 par des étudiants de l’université McGill », précise Farah. De son contact avec les petits, la jeune étudiante raconte : « C’était la première fois que je m’occupais d’enfants ayant des besoins particuliers. Une expérience marquante. On découvre chez eux des capacités qu’on ne soupçonne même pas. » Farah se rappelle « la joie indescriptible » du jeune Mehdi (15 ans) lorsqu’il a sauté dans l’eau. « Nous étions tous dans la piscine à l’encourager. » Mehdi a appris à nager en quatre sessions. « Mais ce n’est pas toujours le cas. Il faut prendre le temps, rassurer l’enfant et parfois lui apprendre des choses basiques qu’il ne connaît pas », explique Farah. À la fin du camp, Alia propose aux jeunes étudiants de l’AUB de fonder une section de Making Waves dans leur université. C’est le début de l’aventure.
L’histoire a commencé l’été passé, lorsque Farah et ses camarades se sont engagés comme volontaires dans un camp d’été pour enfants déficients visuels, tenu à l’USJ. « Nous y avons rencontré Alia Jan, membre de Making Waves Canada, organisation étudiante fondée en 2004 par des étudiants de l’université McGill », précise Farah. De son contact avec les petits, la jeune étudiante raconte : « C’était la première fois que je m’occupais d’enfants ayant des besoins particuliers. Une expérience marquante. On découvre chez eux des capacités qu’on ne soupçonne même pas. » Farah se rappelle « la joie indescriptible » du jeune Mehdi (15 ans) lorsqu’il a sauté dans l’eau. « Nous étions tous dans la piscine à l’encourager. » Mehdi a appris à nager en quatre sessions. « Mais ce n’est pas toujours le cas. Il faut prendre le temps, rassurer l’enfant et parfois lui apprendre des choses basiques qu’il ne connaît pas », explique Farah. À la fin du camp, Alia propose aux jeunes étudiants de l’AUB de fonder une section de Making Waves dans leur université. C’est le début de l’aventure.
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De gauche à droite : Omar Daouk, Sara Zaidan, Jad Abiad, Farah Abi Mosleh, Roy Taoutel et Katia Marroushe.
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La naissance de Making Waves Lebanon est difficile. « Il fallait convaincre l’AUB de nous accorder l’autorisation de créer ce club à l’université, collecter des fonds, trouver une piscine », poursuit Farah, qui insiste sur le soutien de Mme Amal Yehya, directrice de l’école New Orient Academy. « Elle fut la première à nous aider. Nous apprécions énormément son appui », répète-elle. Pour le financement de leur club, les jeunes étudiants participent à des événements tenus à l’AUB et organisent une soirée karaoké dans un restaurant à Hamra. « C’était très réussi. 110 personnes ont répondu à l’appel. On ne s’attendait pas à un tel succès. »
Aujourd’hui, les fonds sont là. Les jeunes vont pouvoir louer la piscine qu’ils ont « trouvée » dans un gym à Koraytem. En attendant de commencer les séances de natation avec les enfants, Farah, Sara, Katia et Roy sont plus motivés que jamais. Farah conclut : « Nous espérons qu’en 2013, Making Waves s’étendra à plusieurs universités libanaises et que cette association deviendra une vraie ONG. Les enfants ayant des besoins particuliers ont de grands potentiels. Il faut leur donner les moyens de les développer. »
Aujourd’hui, les fonds sont là. Les jeunes vont pouvoir louer la piscine qu’ils ont « trouvée » dans un gym à Koraytem. En attendant de commencer les séances de natation avec les enfants, Farah, Sara, Katia et Roy sont plus motivés que jamais. Farah conclut : « Nous espérons qu’en 2013, Making Waves s’étendra à plusieurs universités libanaises et que cette association deviendra une vraie ONG. Les enfants ayant des besoins particuliers ont de grands potentiels. Il faut leur donner les moyens de les développer. »
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